VENDREDI 31 JUILLET • BLUES HERITAGE
THÉÂTRE DE LA MER • 21H
La valeur n’attend pas le nombre des années, dit-on. De fait, Robert Finley était à 17 ans le leader d’un groupe de musiciens de l’US Army basés en Allemagne. De retour dans sa Louisiane natale, ce fan de Marvin Gaye et de Booker T deviendra chef de chœur, chanteur des rues, charpentier. Très loin de l’industrie musicale. En 2016 se présente l’opportunité tardive d’enregistrer un premier album, révélation mirifique pour une flopée de mélomanes éberlués. Normal. Toute l’intensité de la great black music est concentrée là, dans sa fraîcheur originelle, son authenticité poignante.
La figure du miraculé aux mille vies cabossées, finalement sauvé par l’art, relève d’un storytelling qui dans le cas de Fantastic Negrito n’a rien de surfait. Ado fugueur passé par la rue, le deal et la prison puis artiste prometteur stoppé net par un grave accident, le Californien quinqua a su se réinventer en musicien résilient et socialement engagé. Showman survolté adoubé par Sting ou Springsteen, Fantastic Negrito grapille avec gourmandise dans les registres blues, jazz, soul, funk ou rock pour en tirer une expression éminemment singulière, gorgée d’âme et de sincérité.